Un budget 2018 sans ambition pour Creil

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Retrouver ci-dessous notre intervention lors du conseil municipal du 26 mars 2018 concernant le budget 2018 de la ville de Creil présenté par la majorité socialo-communiste de Creil :

Intervention de Michael Sertain – Budget 2018 – Ville de Creil
Conseil Municipal du 26 mars 2018
Chef de file de l’opposition – Ensemble défendons une certaine idée de Creil.

Monsieur le Maire, chers collègues,

L’année 2018 restera marquée inévitablement par le rapport de la Chambre Régionale des Comptes qui a révélé à l’ensemble des habitants de notre ville la réalité de son budget et de sa gestion.

En mobilisant de manière excessive le fonds de roulement pour financer des investissements pourtant déjà très fortement subventionnés, vous avez peu à peu dégradé la situation financière de la commune, ce qui vous oblige désormais à mobiliser plus que de raison les financements de lignes de trésorerie, ce qui n’est pas, vous en conviendrez, la manière la plus saine de gérer son avenir à long terme. Le budget que vous nous présentez est dans cette veine, puisque vous avez beau jeu d’évoquer votre autofinancement, il n’en reste pas moins que le taux d’épargne nette présenté est à 0,5%. Quand on ajoute à cela une masse d’endettement représentant 67% de nos recettes réelles de fonctionnement, nous avons tout simplement sous les yeux une situation au mieux difficile, au pire dangereuse.

Alors, vous pourrez bien critiquer comme vous aimez à le faire votre opposition ; mais cette fois-ci, ça n’est pas moi qui le dit, c’est la Chambre Régionale des Comptes.

La capacité d’autofinancement brute de notre ville avait déjà évolué de 4,2 M€ en 2010 à 4,4 M€ en 2015. Entre ces deux années, elle avait diminué de 45 % entre 2011 et 2014 (de 5,1 M€ à 2,8 M€) En 2015, son montant par habitant était inférieur de 27 % au montant observé dans les autres communes de la même strate. Voilà le bilan de votre gestion.

Mais le tableau de serait pas complet si j’omettais d’évoquer la question – lourde, et ça n’est pas une image – des charges. Les charges de personnel ont explosé depuis le début de votre mandature, avec la bagatelle de 150 emplois supplémentaires, tout cela dans un contexte de non gestion des ressources humaines puisque la Cour elle-même nous rappelle dans son rapport que l’absentéisme est au plus haut. Vous nous présentez donc ce budget en évoquant une maîtrise des charges, mais la réalité est totalement à l’inverse.  Comment pourrait-il en être autrement, alors que les charges de personnel représentent plus de 60% des dépenses de fonctionnement ? D’ailleurs, vous pourriez peut-être nous communiquer le détail exact du traitement des situations liées à la fin des contrats aidés et à leur réintégration dans les charges de personnel. A nouveau, ces situations nous impactent et contribuent à alourdir un budget de fonctionnement qui est déjà extrêmement contraint.

J’ajoute que pour nous présenter ce budget, vous avez fait œuvre d’équilibrisme à tout le moins. On dit toujours qu’il y a plusieurs façons de présenter des chiffres, mais permettez-moi d’en employer une autre que vous. En effet, quand on regarde votre analyse de la situation, on peut être légitimement surpris de constater que sur la partie des recettes, la progression est annoncée à 9,2 % sur le total des recettes de fonctionnement entre le BP 2018 et le BP 2017. Mais étonnement, si on confronte cette hausse non pas au Budget primitif de l’année dernière, mais au réalisé, c’est à dire à l’exercice budgétaire réel, elle passe à 4,2 % et même à seulement 0,8% lorsque l’on compare les recettes réelles de fonctionnement du BP 2018 à celle réalisées en 2017.

Sur la partie des dépenses, c’est la même chose.  Si l’on fait le même exercice, il est annoncé une progression de 9,2% des dépenses de fonctionnement, ce qui est déjà énorme. Mais lorsque l’on compare le BP 2018 et le réalisé 2017 cette progression passe à 19,4%, ce qui est absolument colossal. Le budget que vous nous présentez n’est absolument pas tenu, et l’on peut y découvrir que les charges à caractères générales augmentent de 10,5%, les frais de personnel de 3%, les autres charges de gestion courante de 11%, et les charges financières de 20%.

Je me permets d’ailleurs de vous rappeler que l’objectif fixé par l’État pour ne pas être pénalisés dans le calcul des dotations est de maîtriser la hausse des dépenses de fonctionnement à seulement 1,2% par an. Alors certes, nous avons la chance de ne pas être concernés à ce stade, mais pour combien de temps ? En ne maîtrisant pas les charges, vous pénalisez l’avenir financier de la commune, et l’exposez demain à une situation encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà.

Le pire dans tout cela, c’est que le niveau de service rendu au public ne suit pas. Nos effectifs explosent, font de nous une ville réellement suradministrée, et pourtant, nous ne sommes toujours pas au rendez-vous de nos objectifs les plus essentiels. Le double discours dont vous avez l’habitude consiste donc à évoquer le doublement des effectifs de la police municipale qui n’est pourtant jamais arrivé. Alors vous avez beau jeu de continuer à comparer nos dépenses de fonctionnement à celle des autres communes pour vous féliciter de leur niveau, mais peut être oubliez-vous que nos recettes elles aussi sont faibles.

C’est bien le cœur de notre sujet : nous ne sommes pas assis sur une situation fiscale très favorable, et cela devrait justifier de gérer bien autrement notre argent.

Alors, comme chaque année, vous allez vous vanter des dépenses d’investissement liées au PRU. Nous vous félicitons, mais peut être conviendrait-il encore une fois de rappeler que ces dépenses ne sont pas les vôtres, et que la ville n’investit finalement que moins de 300€ par habitant une fois sorties les dépenses urbaines.

D’ailleurs, il est toujours intéressant de faire la différence entre les projets promis lors des discussions budgétaires initiales et le réalisé en fin d’année. En cela, il est toujours intéressant de voter chaque année le compte administratif juste avant le budget primitif. Cela permet, en ce qui nous concerne, de vérifier que sur le projet d’investissement initialement promis en 2017, 10 M€ manquent à l’appel. Alors je vous entends déjà nous parler de différé d’investissements, mais la réalité, vous la connaissez : comme pour les PRU, vous vous défendez de grands projets, mais soit ce sont des projets que vous ne portez pas vous-mêmes et qui sont financés par d’autres, soit ce sont des projets sous forme de poudre aux yeux qui ne voient jamais le jour.

La réalité c’est malheureusement que notre commune est dans une situation difficile. Notre endettement grève notre capacité d’autofinancement déjà bien faible, et la sur mobilisation du fonds de roulement vous a mené dans une stratégie de court terme, qui ne peut être viable pendant de longues années. Et vous le savez très bien.

Alors oui, l’opposition votera contre ce budget. Contre, car la sincérité n’est pas ce qui le caractérise le plus. Contre, car ce que nous proposons, nous, c’est un changement de cap radical dans la gestion de la ville. Stop au dérapage des emplois et des charges de fonctionnement – toujours plus -, stop à la gestion du « après moi le déluge », stop à la gestion non maitrisée tout simplement.

Contre, enfin, car nous attendons autre chose pour notre ville. Vous nous parlez de solidarité, mais la solidarité réelle consisterait à offrir aux Creillois le cadre de vie agréable qu’ils méritent. Force est de constater que cette année encore, vous n’en prenez pas le tournant.

Michaël Sertain
Permanence sur RDV : 07 83 14 90 18
www.michaelsertain.fr

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